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Escroquerie

Escroquerie

S’il y a bien un domaine qui ne connait pas la crise et qui tourne a plein régime, c’est bien l’escroquerie d’homme d’affaires en Tunisie. Dernier des cas et pas des moindres, celui d’un français venu investir des millions dans le domaine de la céramique.

L’affaire en résumé : Yvon Bisiaux, chef d’entreprise ariégeois, a décidé de mettre le cap au sud, voici quatre ans environ. Mais le rêve tunisien s’est transformé en mirage. Après avoir voulu investir dans le sud tunisien, où ils comptaient s’installer à l’heure de la retraire, Bernadette et Yvon Bisiaux ont été victimes d’une vaste escroquerie et de menaces en série. Ils y ont perdu une forte somme d’argent, et beaucoup d’espoir. Et ils ne parviennent pas à obtenir justice. Les autorités font la sourde oreille.

Il choisit la Tunisie, après un voyage en famille à Zarzis, en 2008. C’est là qu’il rencontre Tommy Rhiad, un chauffeur de taxi qui allait devenir son associé. Et sans doute la cause de tous ses malheurs. Il achète un terrain près de Zarzis.

Après avoir songé à se lancer dans la production de fleur de sel, Yvon Bisiaux décide de tout simplement d’investir dans l’importation de céramique. C’est le domaine qu’il connaît le mieux. Il le connaît même sur le bout des doigts. «Il n’y avait personne sur le marché de la céramique d’importation. Et donc une place à prendre», souligne-t-il. En juin 2014, Yvon Bisiaux commande quatre containers de céramique en Italie et en Espagne. Ils n’arriveront jamais. «Bloqués en douanes, alors que les droits d’importation avaient été réglés», s’étonne Yvon Bisiaux. Plus tard, sa femme découvrira que le terrain qu’ils avaient acheté à Zarzis avait été revendu en leur absence, «à la moitié de son prix», souligne-t-elle. L’argent, c’est Tommy Rhiad qui l’a empoché. Bien entendu, Bernadette et Yvon Bisiaux n’ont jamais touché un dinar du produit de cette vente. Dans le même temps, les relations entre Yvon Bisiaux et son ancien associé s’étaient détériorées. Le second lui réclamait trente mois d’arriéré de salaire, pour lui et son épouse, alors qu’ils n’ont jamais été salariés de Zarzis Export, la société créée pour la commercialisation de la céramique d’importation. «J’ai évidemment refusé, s’indigne Yvon Bisiaux. Tommy Rhiad était payé pour tous ses déplacements. Et son épouse n’était qu’un prête-nom». Les tentatives d’intimidation démarrent de là. En même temps que les détournements dénoncés par Yvon Bisiaux auprès du gouverneur de Médenine, province du sud tunisien. Comme si les unes répondaient aux autres.

Très éprouvée, Bernadette Bisiaux s’insurge : «Ils nous ont fait énormément de mal. Ils nous ont ruinés. Ils nous font vivre un cauchemar. C’est comme un mauvais roman noir. Aujourd’hui, nous avons vraiment besoin de soutien». Et son mari d’ajouter : «C’est comme ça que certains procèdent dans le sud de la Tunisie. Ils multiplient les manœuvres d’intimidation pour obliger les investisseurs à partir en laissant tout derrière eux». Aujourd’hui, Bernadette et Yvon Bisiaux n’espèrent qu’une chose : récupérer ce qu’ils ont perdu. Mais ils commencent à désespérer de la justice tunisienne. Et leurs courriers répétés aux autorités restent lettre morte.

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